LE ROI DE LIBREVILLE

Editions Ndzé
Le roi de Libreville
Jean Divassa Nyama
Parution : mars 2011
Prix public conseillé : 12 €
124 pages
Format broché  14 x 20
ISBN :  9 78 2 91146457 7
“Nous moïsons en direction du carrefour Rio où la musique bat son plein. Des fripiers étalent à même le sol leurs marchandises. Les vendeuses de maïs, arachides, pommes et oranges, vantent les qualités de leurs produits aux passants. Les morpions, le sifflet à la bouche, ont les yeux rivés sur la route. Les malfrats peuvent subtiliser les portes monnaie des femmes et les téléphones portables en toute impunité, les policiers ne vont pas perdre leur temps à les arrêter et laisser filer les chauffeurs de taxi. D’ailleurs le nôtre vient de recevoir l’ordre de se garer.”

Pa’ a toujours vécu au village, il ignore tout de Libreville. Inquiet pour sa fille qui n’est pas rentrée, il décide de partir à sa recherche. Il va arpenter les quartiers les plus insolites. Du PK5 à Lalala, du Mausolée de Léon Mba, aux broussailles du campus peuplées de voyous, il va découvrir les bas-fonds, mais aussi le meilleur d’une capitale qui n’aura plus de secrets pour lui. En une nuit, il devient Le roi de Libreville.
Un roman à lire à tout âge, dans lequel Jean Divassa Nyama libère sans retenue la verve et l’humour qui ont fait le succès de ses précédentes publications.

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Le personnage principal de ce roman, Pa’, est inquiet pour sa fille qui n’est pas rentrée de l’université. Il part à sa recherche. Le problème est que fraîchement arrivé de son village pour raisons de santé, il ne connaît rien de la capitale du Gabon. Une odyssée commence l’après-midi, qui ne s’achèvera qu’à l’aube le lendemain matin. C’est l’occasion pour l’auteur de nous offrir son regard sur Libreville, de visiter ses monuments, mais aussi ses quartiers malfamés, en s’attardant sur les gens humbles, les gosses des rues, les petits voyous. Avec humour et tendresse, comme dans cet autoportrait où il n’hésite pas à user de la dérision pour se mettre en scène. Le héros, apercevant un portrait de Jean Divassa, demande à une étudiante de qui il s’agit. Il obtient cette réponse :
“Il ne ressemble pas à ces bombeurs de torse que je vois circuler, et qui se croient arrivés pour avoir écrit deux feuilles.[…] Il est méprisé même par ceux-là qui exploitent ses œuvres pour enrichir leur papier au quotidien. Vous savez, je suis étudiante en lettres, et bien je peux vous dire qu’on a écrit sur lui plus de livres qu’il n’en a écrit lui-même”.


Ce texte s’inscrit dans la droite ligne de la nouvelle littérature africaine (NLA), dont on retrouve les trois fondamentaux. La désegmentation : poèmes, légendes, contes, scènes de théâtre alternent avec récits et fictions. L’enracinement dans la culture précoloniale, témoin cette scène : “ La messe terminée, j’ai pris soin de plonger ma main dans l’eau bénite puis de la frotter sur mon front afin que je sois protégé contre les jeteurs de sort”. Enfin l’émancipation, en particulier au plan linguistique, en introduisant dans la narration le français tel qu’il est parlé au Gabon : “En bordure de route, les parents d’élèves discutent, avec leurs Motorola à la main”, ou encore : “Nous moïsons en direction du carrefour Rio”.


Avec ce roman court, mais d’une extraordinaire densité, Jean Divassa s’affirme comme un des leaders de la décolonisation de la littérature francophone.