TOUSSAINT KAFARHIRE MURHULA

Toussaint Kafarhire Murhula, né le 19 Mars 1973 à Bukavu en République Démocratique du Congo, est prêtre jésuite, poète et critique littéraire.

Il a fait sa formation en Philosophie au Congo, à l'université Saint Pierre Canisius de Kimwenza et ses études de théologie au Kenya, au Catholic University of Eastern Africa (CUEA) avant d'aller préparer une Maîtrise en Théologie éthique et Théories Sociales, à Berkeley, en Californie, aux USA.

Retourné pour travailler dans son pays en 2005, il est confronté aux peurs et traumatismes sociaux laissés par les ravages de la guerre et de la violence politique dans la région des grands lacs.

Pour inventer de nouvelles manières d'exister, et pour briser les préjugés les plus têtus sur la différence ethnique, religieuse ou politique, il fonde le Ballet Renaissance Africa qu'il dirige pendant deux ans. Dans ce contexte régional de crise politique, le Ballet veut jouer le rôle de rapprochement des communautés, de réconciliation, et de guérison des mémoires blessées. Il se donne comme mission la promotion par l'art et la culture des valeurs de la dignité incommensurable et des droits inaliénables de la personne humaine. Cet espace de création et de créativité, contribue ainsi é informer la réalité sociale dans la région des grands lacs africains d'un esprit nouveau, d'une espérance nouvelle et d'une vision qui inspire la jeune génération qu'une Afrique nouvelle est possible.

Toussaint Kafarhire vit actuellement à Chicago aux États Unis et prépare un doctorat en relations internationales et politique comparative.

Toussaint est un homme de conviction. Engagé dans son pays d’origine comme dans son époque, ainsi qu’en témoignent ces lignes écrites en 2004 dans SEDOS sous le titre :


Contre l'impunité et la banalisation de la mort

Je ne souhaite pas parler à partir d'une zone de lumière, ni me tenir du côté du jour, pour récupérer une métaphore poétique que j'ai utilisée dans d'autres circonstances. Je voudrais plutôt que ce mot soit une voix prêtée aux victimes du silence, de la longue nuit que traverse le Congo ; la longue agonie qui se prolonge et qui prolonge la détresse de tout un peuple, le désespoir de toute une génération. Je voudrais m'essayer de dire un mot entre deux silences : d'une part le silence de ceux qui, brutalement ou agonisant, ont quitté cette vie par la cause de la guerre au Congo et d'autre part, le silence des vivants qui, face à l'absurde d'un nouvel ordre mondial, ont perdu la parole soit par complicité soit par incompréhension. Je sais combien difficile c'est, de trouver le mot juste sans verser soit dans un romantisme passionnel, soit dans un rationalisme stérile. Mon souhait est simplement de briser le silence et d'exhumer de l'oubli les souffrances de ces millions de Congolais morts au nom du pouvoir et de l'argent qui sont nouvelles divinités adorées au panthéon du capitalisme moderne.